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ELISABETH HAAS
Le premier concert de l'Avent, dimanche dans l'église bondée de Villars-sur-Glâne, avait toute la ferveur des tubes incontournables du répertoire d'opéra. Pas de recueillement ni de dépouillement religieux donc, mais au contraire l'épanchement exubérant du tempérament italien de Verdi et les plaintes aux accents pathétiques des héros malheureux.
Avec une poigne de fer, des tutti puissants, le volume à fond, le chef Srboljub Dinic sait ce qu'il veut. Il a tenu d'une main de maître l'Ensemble vocal et l'Orchestre de Villars-sur-Glâne, qui ont assuré dans les fortissimi saturés. On s'est senti transporté |
sur scène, avec décor, costumes, et tutti quanti. Conquis par le «triomphe d'Aïda», le public déjà bien satisfait par cette débauche de hits, dont il connaît par coeur la plupart, en a redemandé. Quand on vous dit triomphe...
Si l'orchestre a plutôt mal commencé le concert avec l'ouverture inégale du «Frei-schütz» de Weber, il a eu l'occasion de se rattraper. Parfois couverte par les musiciens, la masse des chanteurs a su faire preuve de souplesse, notamment dans le fameux choeur des Hébreux de «Nabucco», grâce à ses voix sûres et à la qualité de ses registres. Le choeur convainc dans ce répertoire d'opéra allant, ample |
et généreux.
Quant aux solistes, la seule qui jouait, qui osait les piani, n'hésitait pas à nuancer, à changer de caractère, est la soprano Vilislava Gospodinova-Christoff. Annoncée comme malade, la tragédienne a pourtant offert les meilleurs moments du concert. Sa prestation émouvante sur l'air «Qui la voce sua soave» de Bellini et «E strano» de Verdi et la netteté de ses vocalises ont soufflé le public.
Mais Eliseda Dumitru, mezzo lyrique, et le ténor fribourgeois Gilles Bersier se sont aussi révélés très à l'aise dans ce répertoire d'opéra. Au final, un concert qui vous requinque. |