EVV- Ensemble vocal de Villars-sur-Glâne
 

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du 1er décembre 2011:
 

Critique

Grandeur et recueillement
VILLARS-SUR-GLÂNE • «Elias» a laissé une forte impression au premier concert de l'Avent

BENJAMIN ILSCHNER
 
Auditeur ou musicien, on ne gra­vit pas tous les jours un sommet comme «Elias» de Félix Men-delssohn. Les moyens à mettre en œuvre sont importants, l'ef­fort à fournir de même: deux heures et demie de musique dé­licates à gérer attendent ceux qui s'allient pour relire cette volumi­neuse partition. C'est-à-dire un grand chœur mixte, un orchestre symphonique, des solistes se­condaires, quatre solistes princi­paux, dont un rôle-titre des plus exigeants. Dimanche passé, l'En­semble vocal de Villars-sur-Glâne, l'Orchestre symphonique du Jura et un plateau de solistes internationaux ont relevé le défi haut la main sous la direction de Philippe Morard. Leur engage­ment et leur endurance ont été salués par un public nombreux: le premier des quatre concerts de l'Avent programmés chaque année aux portes de Fribourg af­fichait complet.
    La force dramaturgique du texte est annoncée dès les me­sures initiales: «II n'y aura ni ro­sée ni pluie», prophétise Elias au début de la première partie. Face
 
aux appels au secours du peuple hébreu désespéré, Detlef Roth in­carne ce personnage avec passion et assurance. Son timbre autori­taire en impose d'entrée de jeu. L'orchestre a parfois même du mal à lui donner la réplique sur un ton aussi puissant. Ce n'est pourtant pas faute de nuances de la part du baryton, qui trouve des expressions très adéquates dans ses répliques moins éclatantes.

Les autres solistes occupent une place moins en vue dans l'action, mais convainquent eux aussi par des airs et récitatifs al­liant souplesse et précision. Quant à l'EVV, il s'approprie cer­tains épisodes avec une verve particulièrement prononcée (poignant dialogue entre Elie et les prophètes de Baal notam­ment). La longue ascension ne lui laisse que peu de répit, mais sa bonne préparation lui permet de maintenir une tension conti­nue au fil de cette œuvre remar­quablement bien structurée. Deux de ses caractéristiques ma­jeures, grandeur et recueille­ment, ressortent pleinement de cette interprétation. I
 
 
Hemmer.ch