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DANIEL FATTORE
Les Concerts de l'Avent de Villars-sur-Glâne sont un événement très attendu, année après année. Le public l'a prouvé en remplissant, dimanche soir, l'église de Villars-sur-Glâne. Au programme: le «Requiem allemand», composition majeure de Johannes Brahms. Captivé, l'auditoire a salué avec enthousiasme le chef Philippe Morard, l'Ensemble vocal de Villars-sur-Glâne, l'Orchestre de chambre de Fribourg ainsi qu'Eleonore Marguerre, soprano, et Detlef Roth, baryton, solistes allemands aux qualités complémentaires.
Leurs qualités de solistes indéniables se révèlent en effet au fil des interventions. Eleonore Marguerre aborde la partition avec le souci constant de la phrase musicale, qu'elle exécute en conjuguant le brillant des aigus et un médium au son riche. Volontiers dramatique sans tomber dans l'excès, Detlef Roth a en permanence le double souci du texte et du sens |
qu'il véhicule. Sa déclamation aux accents marqués offre un contrepoint pertinent à la vivacité du chœur dans le sixième mouvement. L’Ensemble vocal de Villars-sur-Glâne se montre, lui, à la hauteur de cette pièce exigeante pour les voix. Certes, quelques aigus serrent un peu du côté des sopranos. On retiendra plus volontiers la finesse de certaines nuances, garante de très beaux moments de musique, et la profondeur puissante de certains fortissimos, insufflées par un Philippe Morard inspiré.
C'est avec intelligence que le chef fribourgeois aborde la partition de Johannes Brahms. Doté du sens du drame et du contraste dûment placé, il évite le piège du pathos et se révèle soucieux de l'équilibre entre les interprètes. Serein dans ses introductions, l'orchestre joue quant à lui, avec beaucoup d'efficacité, son rôle de créateur d'atmosphères. |